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Mon bilan et quelques réflexions sur la conférence Infopresse : Stratégie et créativité web #ipconf

Le 27 octobre a eu lieu la conférence Infopresse : Stratégie et créativité web et voici mon bilan par rapport aux cinq présentations auxquelles j'ai assisté avec Pascal Desrosiers (de chez Revolver 3)

Avant de commencer, j'aimerai vous faire part d'une citation de François Lacoursière de Sid Lee, qui lors d'une conférence à l'UQAM a dit avant de commencer sa présentation : "Je vais faire ce qu'on fait souvent en marketing, c'est à dire deux choses : dire ce qu'on sait déjà autrement ou dire ce que quelqu'un d'autre a dit autrement." 

Cette citation, dont j'apprécie la franchise et l'humilité, représente le constat général de cette conférence Infopresse, d'où ma deception. Car, finalement il n'y rien de nouveau sous le soleil. Un comble, quand un stratège junior (moi) fait cette remarque du haut de ses 11 mois d'expérience en stratégie interactive. Mais d'un autre côté, je comprends qu'il faut être le plus général possible pour ne pas perdre l'audience. J'en reparle à la fin de ce billet.

 

Place au bilan maintenant. Un bilan qui est garni de présentations qui complètent ou prolongent les propos des différents conférenciers.

 

Conférence 1 : Du brief créatif à la stratégie web performante par Anne-Marie Leclair et Alexis Robin de lg2

Une présentation en deux parties. Dans la première Anne-Marie Leclair a montré dix images qui symbolisent ce que (ne) doit (pas) être un brief de création. Rien de révolutionnaire mais toujours rafraîchissant d'entendre de l'une des top planners au Québec qu'il faut écouter son instinct. Je crois toujours que la stratégie se trouve à l'intersection de l'intuition et de la déduction.

Alexis Robin a par la suite utilisé 10 mots et images pour parler du brief dans une agence intégrée. Fait intéressant, le mot insight n'est pas ressorti une seule fois. Sinon, on redit ce que tout le monde dit : post-numérique, cohérence, ne pas développer le syndrome du matching luggage, avoir une approche généraliste plutôt que spécialiste, etc. Les vraies questions n'ont pas été abordées. Comment repenser le brief ? Qui doit rédiger le brief ? Comment repenser le média ? Je vous invite alors à consulter ces cinq présentations pour pousser la réflexion plus loin :

 

Gareth Kay (peut-être l'un des plus brillants planners de l'industrie) revisite le brief.

 

L'agence Dare (qui appartient à Cossette) explique comment faire un brief interactif. C'est un bon début.

 

La différence entre un planner "trad" et "interactif"

 

Un projet de recherche par rapport au brief créatif par Twist Image. Des très bons points sont soulevés.

 

Généralistes vs Spécialistes. À mon avis, un(e) directeur(rice) (conseil, planif, UX, artistique) doit avoir un point de vue généraliste pour mieux travailler, collaborer et tout simplement comprendre le consommateur (ce sera le sujet d'un prochain billet)

 

Conférence 2Bâtir une stratégie digitale 360 par Lionel Pardin de FjordCossette

Cette conférence m'a endormi. Un peu d'auto-promotion, rien de stratégique ni de créatif. Laisser un VP ou un directeur général donner une conférence n'est jamais une bonne chose car ces personnes sont éloignées de la réalité de leur propre agence, alors imaginez celle des consommateurs.

Comme je n'ai rien à rajouter, voici une vidéo parfaitement aléatoire mais très inspirante sur comment repenser le manuel d'instruction et créer une expérience engageante et utile out of the box.

 

 

Conférence 3 : Les nouvelles règles pour engager les consommateurs par Florian Schedler de Nurun

Nurun a décidé de miser sur l'utilité de marque et on brandé l'expression "Utilité numérique". C'est important de miser là-dessus. L'utilité de marque est un des concepts les plus gratifiants (autant pour l'agence, le client que le consommateur) dans notre industrie. L'utilité est à la base des plateformes en ligne (le sempiternel Nike+), de la mobilité (apps), des médias sociaux (quand ils sont bien faits et inscrits dans le cadre de plateformes et non des campagnes) mais aussi des supports physiques (Guide Michelin). Le seul point que j'ai retenu est qu'il faut avoir un parti pris. J'approuve.

 

Christian Quenneville (big boss de Nurun Montréal) a toutefois bien capté l'essence de la conférence.

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Pour compléter les propos de Florian, je vous recommande cette excellente présentation qui fait le tour du concept du Brand Utility avec des exemples intéressants.

 

Conférence 4Réaliser des projets numériques innovants par Damien Lefebvre de w.illi.am

Focus group, modèle mental, test heuristique,  tous ces éléments de la recherche utilisateur sont importants. Aussi bien pour l'ergonome, le designer que le stratège. Par contre, seuls de grands projets interactifs qui ont assez de budget et mobilisent les bonnes ressources peuvent se permettre  pouvoir faire cette recherche. 

J'ai aimé le passage qui disait que lors d'une séance de test il faut "voir ce que les autres ne regardent pas et entendre ce qu'ils ne disent pas". Intéressant pour dégager des insights et réflechir en dehors de la boîte même si je me moque gentiment de cette expression.

Encore une fois, pour pousser la réflexion plus loin, voici une présentation de l'agence britannique Made By Many et qui s'intitule "How to really make something"

 

Conférence 5Intéragir avec les consommateurs par des murs interactifs par Eric Mauriello de Schematic

Rien de stratégique mais une belle présentation qui ne fait que montrer à quel point on est en retard au Québec par rapport à nos voisins du Sud. Je pars en vacances au Japon dans deux semaines, je pourrai peut-être entrevoir le futur des interfaces au quotidien, tactiles (iPod, iPad, murs et tables interactives) et naturelles (Microsoft Kinect). Je réecrirai là-dessus, promis.

 

Fin du bilan.


Je trouve dommage que les conférences en marketing et communication à Montréal, n'égalent pas certaines qu'on voit à l'international. Dommage aussi que tout le monde redit la même chose, moi-même d'ailleurs j'ai repris des éléments de la pensée R/GA, entre autres, pour ma présentation sur les plateformes web à l'UQAM. Je comprends que les gens n'ont pas le temps et que tout doit être remis pour la veille, mais bon à 500$ l'entrée, je m'attendais à beaucoup plus que ça.

Quelles seraient les solutions alors ? J'en vois deux au moins : donner des présentations mais avec des ateliers et des sessions de travail à la Planningness ou payer des conférences  à la carte mais en spécifiant à chaque fois l'audience suggérée et le niveau requis pour bien comprendre le sujet (débutant, intermédiaire et avancé). Je crois que SXSW le fait très bien. D'ailleurs, j'espère assister à ces deux derniers l'année prochaine. 

 

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