Issam Heddad

Réflexions sur la communication, les médias, la culture et l'interactivité. 
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Tranche de vie / J'aime le cinéma

Je dois ma passion pour le cinéma à mon père. Sans lui, je n'aurai jamais connu (encore bébé) la magie de Disney avec Le Livre de la Jungle, plus tard l'angoisse avec The Shining, le baroque avec les films de Sergio Leone, le drame de la guerre avec Full Metal Jacket, les mythes avec Kurosawa, la science-fiction avec Ridley Scott...

Cette passion s'est tissée au fil des ans pour devenir une constellation de films et de genres. Au point où choisir un film dans un vidéo club n'est pas une partie de plaisir. J'en découvre beaucoup grâce à l'Internet avec le "you-may-like-this-one-too", cette myriade de planètes ne devient alors que plus galactique. Je me sens justement comme Galactus (le prédateur cosmique qui engloutit les planètes de l'univers Marvel). Il m'arrive souvent d'envier les cerveaux vierges de toute gondrysation ou gilliamisme.

J'écris ce billet car je me suis rappelé une tranche de vie marquante. Une amie m'avait invité à fêter le Norouz (le nouvel an perse) au Byblos Café, un café/restaurant iranien à Montréal. C'était une fête privée pour les employés et amis du Byblos. L'ambiance était au rendez-vous. Ça chantait, buvait et dansait durant toute la soirée. Je tiens à préciser que la cuisine iranienne est tout aussi variée que délicieuse. Ahhh, le riz à la fleur d'oranger, c'était quelque chose. La soirée battait son plein jusqu'au moment où la personne qui paraissait la plus âgée allait commencer à chanter. Dès les premiers accords de violons, un silence religieux s'abbatit sur la salle. Dès le premier couplet, une forte émotion me noua la gorge. Je ne crois pas avoir vu une fois dans ma vie autant de tristesse peut-être même d'amertume dans les yeux d'hommes et de femmes. C'est une sensation indescriptible, que même avec le recul de plusieurs mois je n'arrive pas à mettre en mots. Ce jour-là j'aurais aimé être cinéaste et figer ce moment à jamais. Ce jour-là je comprenais ce qu'était l'exil de toute une génération.

Pour finir sur une touche moins dramatique, je vous recommande de jeter un coup d'oeil sur le site The Auteurs, un réseau social d'amateurs de cinéma qui propose des visionnements en ligne des plus grands films du 7ème art. Un site très bien fait et qui propose une expérience agréable. Vous pouvez y visionner gratuitement Transes, le documentaire sur le mythique groupe musical marocain Nass-El Ghiwane, un excellent documentaire présenté par Martin Scorsese. Rien de moins.

 

 

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