Je travaille beaucoup ces derniers temps sur des campagnes utilisant les médias sociaux et je réfléchis aux facteurs clés de succès ainsi qu'à la difficulté que les marketeurs ont pour intégrer ce volet dans leur communication. Commençons par la base : our réussir dans les médias sociaux, il faut au moins trois composantes :
- être à l'écoute, une écoute active
- être passionné par ce qu'on fait et le partager avec les autres
- s'investir à long terme avec une équipe dédiée
Dans un contexte d'entreprise de produits ou de services comme des banques, des télécommunications ou des jus de fruits, il devient difficile de répondre aux critères cités ci-dessus. Les raisons sont simples : une obsession pour les KPI et le ROI, un manque de communication à l'interne et des exécutions figées à chaque trimestre, dont les bonus des dirigeants en dépendent...
Or, il existe des entreprises qui respectent ces critères car ils sont inhéfents à leur modèle d'affaire et à leur culture. Un exemple ? Un studio de création de jeux vidéo. Pourquoi ? Regardons au cas par ças :
- seuls les passionnés de jeu vidéo survivent dans le contexte hautement stressant et concurrentiel de cette industrie
- les concepteurs sont à l'écoute du marché et des testeurs qui répertorient les bugs, l'optimisation est alors constante
- produire un jeu vidéo nécessite en général entre 1 et 3 ans, assez de temps pour élaborer une véritable stratégie sociale
Nul besoin alors de faire affaires avec des agences et des experts en médias sociaux pour blaster les interwebs un ou deux mois avant la sortie du jeu. Une partie du budget de communication peut-être investie dans une stratégie sociale sur le web. Un exemple à succès ? Ford avec le lancement de la Fiesta via FiestaMovement.com. Résumé : Ford a offert à 100 internautes sélectionnés une Ford Fiesta en leur demandant une chose, de créer du contenu une fois par mois en rapport avec leur expérience. Résultat: le taux de notoriété aux États-Unis est de 58%, pour un véhicule qui n'a pas encore été lancé. Ça fait réfléchir. Les autres résultats sont tous aussi impressionnants. D'ailleurs une phase 2 de cette plateforme sociale est prévue.
Mais je vous vois venir. Une stratégie de la sorte ne peut être que locale. Oui, il serait difficile de coordonner toutes les opérations à l'échelle mondiale. Aussi, un studio de production dépend en général de la maison mère pour les stratégies marketing globales, mais il définit toutefois des stratégies locales. Pourquoi justement ne pas essayer à l'échelle locale pour commencer. Le Québec serait l'endroit parfait pour débuter car cela permettrait de toucher à la fois la population anglophone que francophone.
Il y a bien sûr d'autres défis : gérer la hype, éviter les fuites dont le risque sera plus grand, intéresser autant les joueurs casuals que les hardcore gamers, revoir le rôle du "community manager", ...
Ce sera tout pour la réflexion préliminaire. J'essaierai d'analyser un cas concret pour en tirer des conclusions plus objectives.
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