Posterous theme by Cory Watilo

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Un critère pour trouver un "bon" restaurant

Provoquer une certaine appréhension, en fait, c'est le premier critère pour qu'un restaurant soit "bon". Un restaurant doit conserver une part d'ombre, des recoins peu clairs, une atmosphère plus ou moins tendue, une aura mystérieuse et sombre. Même dans un bistrot sans prétention, il faut que les clients restent suffisamment sur leurs gardes pour qu'en cas de mauvaise cuite ce ne soit pas là qu'ils aillent se sentir mal, se battent ou font du grabuge. Une sorte de système de contrôle automatique de l'inconscient des clients.

Masayuki Kusumi - Le cerisier fend-la-roche de Kamaïshi en postface du manga Le gourmet solitaire de Jiro Taniguchi. 

Jirô Taniguchi, le plus européen des dessinateurs de mangas

Impossible de ne pas tomber sous le charme des dessins de Jirô Taniguchi, souvent proclamé le plus européen des dessinateurs japonais.
Né en 1947 à Tottori au Japon, il est l'un des premiers dessinateurs de mangas à s'intéresser à la bande dessinée européenne, alors inconnue au pays du Soleil Levant. Son style, très sobre et épuré, contrairement à l'image qu'on a des mangas, est aussi très accessible. Il en est de même pour ses thèmes de prédilection, à la fois touchants et universels : l'enfance, la famille, la nostalgie, la solitude, la lenteur et le zen. Ses histoires sont souvent dénuées de paroles pour laisser place à la contemplation de la nature, du vide et des petits évènements anodins de la vie de tous les jours. Il a été propulsé sur la scène internationale suite à plusieurs prix internationaux dont le prestigieux prix du meilleur scénario pour son roman graphique Quartier Lointain au festival d'Angoulême en 2003.

Sur la page Wikipédia de l'auteur, on peut lire :

Sur les thèmes qu'il traite dans ces mangas, Jirō Taniguchi déclare:

« Si j'ai envie de raconter des petits riens de la vie quotidienne, c'est parce que j'attache de l'importance à l'expression des balancements, des incertitudes que les gens vivent au quotidien, de leurs sentiments profonds dans les relations avec les autres. [...] Dans la vie quotidienne, on ne voit pas souvent des gens hurler ou pleurer en se roulant par terre. Si mes mangas ont quelque chose d'asiatique, c'est peut-être parce que je m'attache à rendre au plus près la réalité quotidienne des sentiments des personnages. Si on y pénètre en profondeur, une histoire peut apparaitre même dans les plus petits et les plus banals évènements du quotidien. C'est à partir de ces moments infimes que je crée mes mangas. »

Jirō Taniguchi se dit également influencé par le cinéaste Yasujirō Ozu, chez qui on retrouve le même rythme et la même simplicité :

« C'est une influence directe. J'ai été marqué par Voyage à Tokyo et Printemps tardif. Je les ai vus enfant, mais sans en apprécier toute la portée. Je m'y suis vraiment intéressé quand j'avais 30 ans. J'aime l'universalité et l'intemporalité de ses histoires et la simplicité efficace avec laquelle il les raconte. Aujourd'hui, j'y pense à chaque fois que je dessine un manga. »

Outre Voyage à Tokyo, Barberousse d'Akira Kurosawa et Le Retour d'Andreï Zviaguintsev sont ses films préférés. De plus, Osamu Tezuka, Utagawa Hiroshige, Edward Hopper, Vincent Van Gogh et Gustav Klimt sont selon lui les cinq plus grands dessinateurs de l'Histoire.

(download)

Impossible de ne pas tomber sous le charme, comme je disais plus haut. En ce qui me concerne en tout cas.

Hurry Up and Wait - The Slow Issue

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Pour le deuxième billet de ma série sur le zen, la méditation et la lenteur, je vous présente un article très intéressant qui explique pourquoi la lenteur sera toute aussi importante que la vitesse dans le futur.

Morceaux choisis :

The slow movement imagines itself to belong by rights to the cultural layer”—a slow-moving layer of society—“but it’s still in the layer of fashionable activism,” he says. “An earthquake is rapid and shocking, it seems, but the underlying forces are geologically slow. So it’s actually our perception of pacing that’s odd, not pacing itself.

Bruce Sterling

Again, it’s about balance. And pacing. “You can’t sprint forever, but you can pull your pace down. I’m a jogger—a very slow runner. My runs help me reconnect to my body and re-sort the contents of my brain."

John Maeda

“I see more clearly how little need there is for all the consumption and waste. I like what [the inventor] Saul Griffith once said. Everyone should receive a Montblanc pen and Rolex watch at birth, and then they’d never need to replace them in a lifetime.”

Alexander Rose

>> Article original

>> Dossier "Slow Issue" du magazine GOOD (lecture recommandée)

Qu'est-ce que la méditation ?

Zen

Nous déployons beaucoup d'efforts pour améliorer les conditions extérieures de notre existence, mais en fin de compte c'est toujours notre esprit qui fait l'experience du monde et le traduit sous forme de bien-être ou de souffrance. Si nous transformons notre façon de percevoir les choses, nous transformons la qualité de notre vie. Et ce changement résulte d'un entraînement de l'esprit qu'on appelle "méditation".

Qu'est-ce que méditer ?

La méditation est une pratique qui permet de cultiver et de développer certaines qualités humaines fondamentales, de la même façon que d'autres formes d'entraînement nous apprennent à lire, à jouer d'un instrument de musique ou acquérir toute autre aptitude.

Étymologiquement, les mots sanskrit et tibétain, traduits en français par "méditation", sont respectivement bhavana, qui signifie "cultiver", et gom, qui signigie "se familiariser". Il s'agit principalement de se familiariser avec une vision claire et juste des choses, et de cultiver des qualités que nous possédons tous en nous mais qui demeurent à l'état latent aussi longtemps que nous ne faisons pas l'effort de les développer.

Ricard, Matthieu, L'art de la Méditation. Éditions du Nil. 2008

Avec ce billet, j'introduis une série portant sur la méditation, le zen et la lenteur que vous pourrez suivre ici.

Namasté